En France, la montée du Rassemblement national et des idées d’extrême droite s’accompagne d’une mobilisation croissante de femmes, à l’intérieur comme à l’extérieur des partis politiques, qui se positionnent en première ligne de la résistance à cette progression.
Dans les partis et les institutions : une confrontation directe
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, s’est imposée comme l’une des figures les plus déterminées de la gauche française dans ce combat. Elle défend depuis plusieurs mois l’idée d’une primaire de la gauche et des Écologistes en vue de la présidentielle, la présentant comme une véritable « nécessité antifasciste » face au risque que l’extrême droite accède au pouvoir.
Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, occupe elle aussi une place centrale dans ce débat. Connue pour son engagement féministe et pour ses prises de position tranchées à l’Assemblée nationale, elle plaide pour une union plus large à gauche, jugeant dangereuse toute dispersion des candidatures « alors que le RN est aux portes du pouvoir ».
Ces deux figures, bien qu’en désaccord sur la stratégie électorale à adopter, incarnent une génération de femmes politiques qui refusent de laisser le terrain du débat public à l’extrême droite, quitte à s’affronter publiquement sur la meilleure façon d’y faire face.
En dehors des partis : associations et mobilisations citoyennes
Une grande partie de la résistance à l’extrême droite en France se joue également en dehors des partis, à travers des collectifs et des associations féministes. La Fondation des femmes a multiplié les prises de position rappelant que l’extrême droite s’est historiquement opposée à l’égalité salariale, à l’accès à la contraception et à l’allongement des délais légaux pour l’avortement.
Le collectif Nous Toutes continue de mobiliser chaque année contre les féminicides et les violences faites aux femmes, tandis que le mouvement de la Grève féministe appelle régulièrement à des mobilisations le 8 mars, dénonçant ce qu’il qualifie d’instrumentalisation des droits des femmes par des mouvements comme le RN, Reconquête ou le collectif Némésis à des fins électorales et identitaires.
Ces mobilisations rassemblent des milliers de personnes chaque année dans plusieurs villes françaises, à Paris comme en région, où des collectifs locaux de défense des droits des femmes alertent régulièrement sur les conséquences d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir, y compris à l’échelle municipale.
Une bataille aussi symbolique
Il faut noter que l’extrême droite française a elle aussi mis en avant ses propres figures féminines, à commencer par Marine Le Pen, mais aussi Marion Maréchal et Sarah Knafo, qui se présentent parfois comme porte-voix d’une cause des femmes réinterprétée à des fins identitaires — un phénomène que des chercheuses désignent sous le terme de « fémonationalisme ». Cela confirme que la représentation politique des femmes en France reste un terrain disputé entre plusieurs projets de société opposés.
Un combat qui reste ouvert
À l’approche de l’élection présidentielle, les tensions entre les différentes composantes de la gauche sur la meilleure stratégie à adopter face à l’extrême droite restent vives. Mais dans ce contexte incertain, des femmes comme Marine Tondelier et Sandrine Rousseau, aux côtés de collectifs féministes de terrain, continuent de porter, chacune à sa manière, l’exigence d’un rempart démocratique face à la progression du Rassemblement national.
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